La terre des âmes égarées / Isabelle Morot-Sir

Couverture du roman La terre des âmes égarées d’Isabelle Morot-Sir

Par une pluie battante, une femme en robe de soirée, se tient là, transie, au bord d’une route, blottie sous un parapluie rose trop petit.
Qui est-elle ? Où va-t-elle ? Et cette grande question : pourquoi ?

Mon avis :

Le sujet des « évaporés » m’intrigue depuis longtemps. Cette idée de tout quitter, de disparaître de sa propre vie et de recommencer ailleurs, sans tout ce que l’on traîne derrière soi. Quand j’ai découvert le sujet du livre, j’avais envie de savoir où Isabelle Morot-Sir allait m’emmener.

Tout commence avec une femme en robe de soirée que l’on retrouve un soir sous une pluie battante, au bord d’une route. Elle est là, avec son petit parapluie rose. On ne sait pas vraiment qui elle est ni ce qu’elle fait là. On ignore aussi où elle compte aller.

Puis la Bretagne entre dans sa vie.
Au fil des rencontres, Chloé va peu à peu craqueler le vernis qui la recouvre depuis des années. Celui du « il faut ». Il faut être comme ça. Il faut bien se comporter. Il faut accepter. Il ne faut pas dire non. Il faut donner l’image de la femme qui va bien et qui fait ce que l’on attend d’elle.
Et derrière ce vernis, il y a Chloé.
Chloé doute énormément d’elle-même et va devoir réapprendre des choses qui peuvent sembler toutes simples :

  • savoir ce qu’elle veut
  • accepter qu’on lui tende la main
  • faire ses propres choix
  • dire oui parce qu’elle en a envie
  • réussir à dire non

J’ai apprécié les autres personnages de ce livre, qui ont leurs propres histoires et cicatrices, ainsi que des vies qui ne se sont pas toujours déroulées comme prévu. Malgré ces épreuves, elles ont réussi à construire une petite communauté où chacune se soucie des autres. Et lorsqu’une nouvelle âme un peu égarée arrive jusqu’à elles, il y a toujours une place pour elle.

La terre des âmes égarées m’a fait sourire et rire, mais il m’a aussi émue à plusieurs reprises. Je me suis attachée à Chloé et aux personnages qui l’entourent, avec leurs histoires et leurs personnalités différentes.

Quand j’ai refermé le livre, j’ai pensé : moi aussi, j’en ai marre du vernis. Marre des « il faut », des « tu dois », de tout ce que l’on fait parfois uniquement parce que c’est ce que l’on attend de nous. Ça donne envie de secouer un peu tout ça et de retrouver ce qui nous ressemble vraiment.
Si une histoire réussit, pendant quelques heures et même encore un peu après la dernière page, à nous donner cette envie-là, c’est déjà beaucoup.
J’ai passé un super moment avec ce livre.

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